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Pierre Panis


Pierre Panis
1952 - 26 mai 2007

Qui suis - je ?
Ma lettre au Premier Ministre
Les larmes et le bonheur 


Qui suis - je ?
Ndlr : le texte suivant fut entièrement rédigé par Pierre.

Né en 1952, marié en 1977, viticulteur-arboriculteur de profession, hyper dynamique de nature, je vivais heureux et croquais la vie à pleines dents. Un jour, vers la fin de l’année 1985, j’avais 33 ans, j’ai commencé à être gêné pour utiliser un tournevis. Six mois après j’étais en fauteuil roulant et, trois ans après, ne pouvant plus tenir ma tête, j’optais pour le lit... que je n’ai plus quitté depuis ce jour. Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux.

Cette maladie, appelée "Sclérose Latérale Amyotrophique" (S.L.A.) ou "maladie de Charcot" entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et conduit rapidement le malade à une dépendance totale.

Par bonheur, je possède un ordinateur équipé d’un logiciel spécial qui me permet d’écrire avec les yeux. C’est grâce à cet équipement que je peux vous écrire aujourd’hui.

Le premier moment d’abattement passé, je me suis tourné vers le Ciel et j’ai demandé : pourquoi moi ? ? ? Mon sort me paraissait injuste ; il y a tant de chômeurs professionnels... Tant d’individus sans foi ni loi... POURQUOI MOI ?

Je voulais comprendre... et j’ai compris ! J’ai compris qu’il m’avait fallu cette maladie pour me rendre compte que, comme beaucoup de monde, je me mettais la conscience tranquille en allant à la messe le dimanche mais qu’en fait, j’étais très loin de suivre la route du Seigneur.

Aujourd’hui, je suis entièrement paralysé, je ne peux remuer que les yeux mais je suis heureux : - heureux de marcher à nouveau sur la route du Seigneur, - heureux de vivre enfin en conformité avec mon idéal, - heureux d’être modestement utile à mon Dieu.

Issu d’une vieille famille terrienne, catholique et pratiquante, ayant toujours eu la Foi, à l’annonce de ma maladie, je me suis jeté en elle avec le désespoir et la frénésie d’un naufragé sur une bouée de sauvetage... Malgré l’extrême douleur des premières années : le désarroi dure tant que dure la descente aux enfers, j’ai maintenu ma confiance en Dieu...

La descente dure tant qu’il reste des muscles à immobiliser, à paralyser. A partir de là, quand on a touché le fond, quand la maladie ne trouve plus de quoi alimenter son appétit destructeur, on entre dans ce que nos éminents spécialistes appellent la phase terminale. Il y a 17 ans que je suis en phase terminale, je m’y suis habitué et, au risque de vous surprendre, ma joie de vivre balayant ou occultant tous les inconvénients et contraintes liés à mon état, je suis heureux !

J’ai les idées bien en place et aucune envie de me plaindre ! Oserai-je dire : au contraire !... Car cette maladie est, pour moi, une sanctification forcée... à la limite de l’injustice... Gloire à Dieu ! Réaction au malheur incompréhensible pour la plupart, mais Dieu remplit ma vie et je ne manque de rien. Le bonheur serait il subjectif et totalement indépendant de toute jouissance humaine ? Je laisse à chacun le soin de méditer cette pensée qui est une approche directe de l’influence permanente de Dieu dans nos vies, par une action à la fois permanente et imperceptible sur notre coeur, notre ressenti et nos évidences fondamentales...

Oui, la souffrance existe, aussi bien physique que morale mais il est écrit dans la Bible : Matthieu 11, 28-30 "Venez à Moi, vous tous qui peinez et ployez sous le fardeau, et Moi Je vous soulagerai. Chargez-vous de Mon joug et mettez-vous à Mon école, car Je suis doux et humble de coeur, et vous trouverez soulagement pour vos âmes. Oui, Mon joug est aisé et Mon fardeau léger. "

Je suis là pour en témoigner !... J’ai, bien souvent, remonté le moral de gardes-malades désespérées pour des peines légères et passagères mais j’ai moi-même rarement perdu le moral et je n’ai jamais perdu l’espoir parce que je n’ai jamais douté de l’Amour de Dieu.

Comment penser à l’euthanasie quand on a Dieu dans le coeur et quand aucune souffrance ne peut altérer notre confiance en Lui... Les « sans Dieu » sont à plaindre car ils ne connaissent pas l’incommensurable bonheur de se sentir aimé de Dieu, ils ne peuvent pas imaginer le secours bien réel dont bénéficient les amis de Dieu dans l’épreuve. Quand l’enfer se déchaîne contre nous, nous savons qu’il ne s’agit que d’une épreuve supplémentaire, destinée à tester notre Foi et notre confiance envers le Tout-Puissant, Créateur de tout ce qui est...

Il faut savoir que nous avons été créés par un débordement de l’Amour Infini de Dieu et que toutes nos souffrances sont nécessaires à notre purification, pour la préparation de notre Eternité bienheureuse dans la Gloire de Dieu.

Oui, quand l’enfer se déchaîne contre nous, nous accentuons notre prière, nous implorons le Ciel et nous gardons confiance... alors que les « sans Dieu », dans la même situation, désespèrent, appellent la mort et revendiquent le droit à mourir. Ils appellent ça « mourir dans la dignité » ! Ne s’agit il pas plutôt de désespoir et de lâcheté ? Ce qui est grave, parce qu’irréversible, c’est qu’ils refusent la Volonté Divine qui est Lumière et se précipitent dans la mort qui est ténèbres. Dieu respectera leur choix, leur libre arbitre, et les laissera aller dans les ténèbres éternelles puisque telle est leur volonté, libre et délibérée.

Alors que celui qui accepte et offre sa souffrance se met en phase avec la Volonté Divine parce qu’il fait preuve d’humilité, d’obéissance, de soumission, de confiance et d’amour envers notre Créateur et Rédempteur. La souffrance acceptée et offerte purifie notre âme, constitue une protection contre l’enfer et fait office de sauf conduit pour le purgatoire dont elle peut réduire sensiblement la durée.

L’euthanasie est donc criminelle à double titre : pour le temps et pour l’Eternité. Par son refus radical de la Volonté Divine elle est un billet pour l’enfer.

Il en est de même pour l’avortement. La culpabilité de l’avorteuse est même bien pire car, pour un confort égoïste, elle ôte la vie à son propre enfant qui possède déjà une âme immortelle et vivra donc éternellement dans le Ciel en qualité de martyr de sa propre mère.

Mais il est IMPORTANT de savoir que Dieu pardonne au pire des criminels qui implore son pardon avec un repentir sincère. Chacun peut donc décider de revenir à Dieu à tout moment mais, en nos temps troublés, il serait quand même prudent de ne pas attendre.

En conclusion, qu’importe notre vie actuelle, offrons la joyeusement à la Divine Justice, soyons des amis fidèles de notre Dieu d’Amour et de Miséricorde, des esclaves de l’Amour, car nous savons que nous passerons l’Eternité dans Sa Gloire et que la Vision Béatifique chavirera perpétuellement notre coeur dans le ravissement et dans l’extase.

Pierre PANIS

Ma lettre au Premier Ministre

Ndlr : texte entièrement rédigé par Pierre.

Pierre PANIS.
N°9 rue du bac
66 250 SAINT LAURENT DE LA SALANQUE
Tel : 04.68.28.30.07
Fax : 04.68.28.65.14
ppanis@aol.com

                                                                                         Saint Laurent, le 27 septembre 2003

Monsieur le Premier Ministre,

Je suis muet, totalement paralysé, trachéotomisé, branché à un appareil respiratoire et ne peux désormais remuer que les yeux.
Cette maladie, appelée " Sclérose Latérale Amyotrophique " (S.L.A.) ou " maladie de Charcot ", entraîne une dégénérescence inexorable de tous les muscles et conduit rapidement le malade à une dépendance totale.
Mais la vraie vie, le vrai bonheur, la vraie force de l'homme, résident dans la tête et dans le coeur.
Monsieur le Premier Ministre, si on fait abstraction de la dignité humaine qui est l'argument des orgueilleux et des lâches pour en finir, je vous assure que, même dans cet état, la vie est merveilleuse à vivre.
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE, JE REVENDIQUE LE DROIT DE VIVRE
L'euthanasie est la porte ouverte à tous les abus...
L'euthanasie ouvre la porte à tous les fous qui se croient investis d'une mission de nettoyage...
La légalisation de l'euthanasie serait une régression de l'être humain jusqu'au stade animal le plus primaire...
Monsieur le premier ministre, c'est l'Amour qui fait tourner le monde et c'est l'orgueil et la haine qui le détruisent.
MONSIEUR LE PREMIER MINISTRE,

JE REVENDIQUE LE DROIT A DONNER DE L'AMOUR
JE REVENDIQUE LE DROIT A RECEVOIR DE L'AMOUR
JE REVENDIQUE LE DROIT A L'AMOUR

Aussi longtemps que Dieu laissera battre mon coeur...

Pierre PANIS.

Les larmes et le bonheur
Ndlr : texte de Sabine Bidault-Chevallier, 2001.
source : Edifa

On se croirait presque en été en cette fin de janvier. Le petit bourg de Saint-Laurent-de-la-Salanque, non loin de Perpignan, semble faire la sieste au soleil. Et lorsqu'on découvre Pierre Panis, étendu sur son lit, en contournant la maison qu'il habite avec son fils pour entrer dans sa chambre par la porte vitrée du jardin, on pourrait penser qu'il dort, lui aussi. On n'entend que le ronronnement des appareils qui l'aident à respirer. Seul le battement alerte de ses paupières et ses yeux noisette qui pétillent montrent que Pierre Panis est pleinement éveillé... et débordant d'activités !

 Car ne vous y trompez pas : si sa sclérose latérale amyotrophique lui interdit de lever même le petit doigt, du matin au soir il s'affaire. A son site Internet, qu'il a baptisé "Miséricorde divine" pour témoigner de ce que la maladie lui enseigne : "Quelle que soit notre condition actuelle, la vie en ce monde représente une seconde, face à l'Eternité... Même si pour le monde notre vie est ratée, ayons le bon sens de ne pas rater l'Eternité !" Il monte aussi un "Réseau vigie prière" pour prier aux intentions du monde et de la France, et lance une pétition pour soutenir une amie polonaise persécutée pour sa Foi. Pour lui, ne pas rater l'Eternité signifie "utiliser tout notre potentiel pour nous rendre utile à Dieu, à la paix, à la justice, à la Vérité". Je ne sais juger ni la qualité de son site, ni le bien-fondé de sa pétition, ni l'efficacité de son réseau de prière, mais je vois que si son potentiel physique se limite à cligner des yeux, tout son être, sa volonté, son temps, sont utilisés à le "rentabiliser" en l'offrant à Dieu.

Pierre Panis ne bouge pas. Il ne parle pas, et c'est plus douloureux encore que les souffrances liées à l'immobilisation. Mais je suis à peine arrivée que les mots s'affichent avec rapidité à l'écran de l'ordinateur fixé devant lui : "Bonjour ! Bon voyage ? Voulez-vous un repas ?" Cela paraît presque magique ! Son "truc", c'est une petite cellule optique, sur l'un de ses verres de lunettes, qui enregistre les mouvements de son oeil. Et sur l'écran, l'effet est le même qu'un "clic" de souris. En un clin d'oeil, il fait défiler, dans une liste alphabétique, les tronçons de phrase, expressions ou mots de vocabulaire qu'il sélectionne en "cliquant" dessus. Il n'a que les mots moins usités à former lettre par lettre. Avec l'entraînement, il écrit presque aussi vite qu'une dactylo ! C'est incroyable ! Voilà un quart d'heure que je suis arrivée, et j'ai l'impression de bavarder à bâtons rompus avec une vieille connaissance. Il me montre les poèmes qu'il écrit, la photo de l'aîné de ses deux fils, mort l'été dernier d'un accident de moto. Et les yeux pleins de larmes, me confie : "Si mon corps pleure, c'est un trop-plein inévitable, mais qui ne peut altérer, à l'intérieur, ma confiance en Dieu et donc mon bonheur". Il espère que la mort de son fils, qui croquait tellement la vie à pleines dents qu'il ne pliait devant aucune limite, pourra faire réfléchir d'autres jeunes sur l'éphémère de cette vie et le bonheur éternel qu'est la rencontre de Dieu.

 "Moi-même, je n'avais aucune limite, j'étais un chien fou", poursuit Pierre Panis, qui était viticulteur-arboriculteur, marié, avec deux enfants, lorsque la maladie l'a surpris, à 33 ans. Il en a 49, et raconte : "Malgré l'extrême douleur des premières années, j'ai maintenu ma  confiance en Dieu. La descente aux enfers dure tant qu'il reste des muscles à paralyser. Il y a douze ans que je suis en phase terminale (ndlr : en 2001), et au risque de vous surprendre, je suis heureux. Heureux de marcher de nouveau sur la route du Seigneur. Car cette maladie est pour moi comme une sanctification forcée... J'étais perdu, et maintenant, je peux sauver des âmes ! J'ai fait un marché avec Jésus : j'accepte tout... et Il me donne sa force". ?

 
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