La prière est un don précieux accordé à l'homme pour entrer en la présence de Dieu le Père
par la médiation de Jésus-Christ. C'est par une condescendance inouïe de sa nature que Dieu accepte ainsi de se mettre à la portée de 'homme à cause de l'amour du Père pour son Fils Jésus-Christ
qui se tient humblement parmi nous chaque fois que nous prions, selon sa promesse (Mat 18,19). Le Saint Esprit prépare, par la grâce, cette rencontre spirituelle invisible. Aussi faut-il se
prosterner en toute piété et vénération devant le Père, le Fils et le Saint Esprit, à plusieurs reprises, afin d'honorer la présence divine et de manifester sa complète soumission à la Sainte
Trinité.A
chaque prosternation, il est bon de baiser la croix, au prix de laquelle nous avons obtenu ces dons précieux et nous a été ouvert l'accès avec assurance et confiance auprès du Père.
La prière commence au nom du Père et
du Fils et du Saint Esprit, car (c'est) Lui le Dieu unique qui doit être adoré. Vient ensuite la doxologie. Par elle, on rend gloire à la Sainte Trinité, et on témoigne de la plénitude de la
présence divine. Puis le " Notre Père " que nous devons réciter lentement en l'adressant au Père, en toute vénération, dans l'attitude d'Abraham quand il s'adressait à Dieu avec le sentiment
écrasant de n'être que "poussière et cendre".
Source : Père Matta El Maskine, « Conseils pour
la prière », Irénikon, 1986, p. 451-481.
Suite aux commentaires de FX dans l’article précédent, il me semble important d’attirer
l’attention du lecteur sur la personnalité du Père Matta el Maskîne en présentant une vidéo à la suite de cette petite biographie. Le Père Matthieu le Pauvre est bien autre chose qu’un
« bon moine »… puisqu’il fut le digne successeur de Saint Antoine et de Saint Macaire à la tête du Monastère de Wadi El Natroun dans le désert d’Egypte. Universitaire, il prit
l’habit angélique (c'est-à-dire qu’il se fit moine) en 1948. Après dix années de vie érémitique dans des grottes du désert il fut, en 1969 et à la demande de Sa Sainteté Cyrille VI, nommé higoumène du Monastère de Wadi El Natroun. Sous sa paternité le Monastère passa de six à plus de cent moines qui
suivent les enseignements des Pères du désert. Il est l'un des piliers du renouveau monastique que connaît aujourd'hui l'Eglise copte. Son enseignement sûr est reçu aujourd’hui par de nombreux
fidèles au-delà des frontières du monachisme et de l’Orthodoxie. Il a écrit de très nombreux livres et articles d'une haute qualité spirituelle. Cinq de ses livres sont disponibles en langue
française aux Editions de Bellefontaine, dans la collection "Spiritualité orientale" : Prière, Esprit Saint et unité
chrétienne (n° 48), La communion d'amour (n° 55), Saint Antoine, ascète selon l'Evangile (n° 57), L'expérience de Dieu dans la vie de prière (n° 71), La
nouvelle création de l'homme (n° 74). Le père Matta el Maskîne est né au Ciel le 8 juin 2006 à l'âge de 87 ans. Il a été enterré dans une grotte près du
monastère.
Aussi est-il bon de se présenter au Christ, durant la prière, dans l'attitude du pécheur conscient de sa misère, se frappant la poitrine, la tête baissée et le front couvert
de poussière, mais en même temps avec l'assurance d'être accueilli et pardonné par lui en raison de sa grande compassion, de la prédilection qu'il a pour les plus faibles et de la joie qu'il
éprouve à chacun de nos retours.
Le Christ a enduré la croix en vue de la joie qui lui était
proposée (Heb 12,2), c'est-à-dire la joie de sauver les hommes et de les réconcilier avec le Père. C'est en vue de cette même joie qu'il continue à supporter nos péchés et qu'il reste toujours
disposé à les pardonner, même s'ils se renouvellent plusieurs fois par jour, pourvu qu'à chaque fois nous revenions à lui avec un coeur contrit. Les souffrances qu'il a endurées jusqu'à la mort
montrent bien qu'il est disposé sans limite à supporter nos péchés, car son coeur connaît la faiblesse de notre nature, la défaillance de notre volonté et la grande misère de
l'homme.
Le péché est haï du Père et il attriste le coeur du Christ, car il
a été la cause de la croix et des souffrances terribles que le Seigneur a endurées sans pitié de la part des hommes. Cependant, dès que le pécheur se présente devant Dieu le Père en se tenant à
la croix et en suppliant au nom du sang du Christ, son péché lui est remis, la condamnation cesse de peser sur lui et il n'est plus maudit. Aussi est-il bon de porter la croix et de la baiser
souvent durant la prière.
Le Christ attend et souhaite notre prière: " Voici que me tiens à la porte et
je frappe (Ap. 3,20) «. Dans l'Evangile, il nous a révélé l'importance et la nécessité de la prière, en insistant pour que nous priions toujours, sans cesse et sans jamais nous lasser (Luc 18,1).
Pourquoi ? Parce que c'est justement dans la prière qu'il peut nous atteindre, nous révéler sa volonté et nous donner sa grâce.
"Dans
la prière, le Christ nous rencontre et nous révèle sa volonté. Ce n'est que dans la prière que le Christ peut nous atteindre afin de nous manifester sa volonté."
"Chaque
fois que nous nous tenons debout devant le Christ pour prier avec ferveur et supplication, notre volonté rencontre la sienne et nous obtenons miséricorde."