C’est avec une très grande tristesse que nous apprenons ce soir la naissance au Ciel le 18 juin dernier de l’Archimandrite Denis
Guillaume dont nous avions publié l’appel. Le Père Denis indéniablement demeurera pour le XXe siècle le principal traducteur
en français des textes liturgiques orthodoxes. Mémoire éternelle !
« Source de vie qui sur nous as le pouvoir, vivants et défunts, comme Dieu, exauce la prière de tes serviteurs et montre ta miséricorde envers nous ; accorde la rémission des péchés aux âmes qui sont passées dans l’espérance, vers Toi, Dieu de miséricorde et suprême bonté. »
(tropaire, ton 2, samedi matin, traduction du Père Denis)
Plus d'infos sur le Blog de Saint Materne
et sur le site de la Fraternité Monastique Orthodoxe de Lectoure
The famous dictum of St. Vincent of Lerins was characteristic of the attitude of the Ancient Church in the matters of faith: "We must
hold what has been believed everywhere, always, and by all" [Commonitorium, 2]. This was at once the criterion and the norm. The crucial emphasis was here on the permanence of Christian
teaching. St. Vincent was actually appealing to the double "ecumenicity" of Christian faith — in space and in time. In fact, it was the same great vision which had inspired St. Irenaeus in his
own time: the One Church, expanded and scattered in the whole world, and yet speaking with one voice, holding the same faith everywhere, as it had been handed down by the blessed Apostles and
preserved by the succession of witnesses: quae est ab apostolis, quae per successionem presbyterorum in ecclesiis custoditur. ["Which is being preserved in the Church from the Apostles
through the succession of the presbyters."] These two aspects of faith, or rather — the two dimensions, could never be separated from each other. Universitas and antiquitas, as
well as consensio, belonged together. Neither was an adequate criterion by itself. "Antiquity" as such was not yet a sufficient warrant of truth, unless a comprehensive consensus of the
"ancients" could be satisfactorily demonstrated. And consensio as such was not conclusive, unless it could be traced back continuously to Apostolic origins. Now, suggested St. Vincent,
the true faith could be recognized by a double recourse — to Scripture and Tradition: duplici modo … primum scilicet divinae legis auctoritate, tum deinde ecclesiae catholicae
traditione. ["In two ways … first clearly by the authority of the Holy Scriptures, then by the tradition of the Catholic Church."] This did not imply, however, that there were two sources of
Christian doctrine. Indeed, the rule, or canon, of Scripture was "perfect" and "self-sufficient" — ad omnia satis superque sufficiat. ["For all things complete and more than
sufficient."] Why then should it be supplemented by any other "authority"? Why was it imperative to invoke also the authority of "ecclesiastical understanding" — ecclesiasticae intelligentiae
auctoritas? The reason was obvious: Scriptures were differently interpreted by individuals: ut paene quot hominess tot illinc sententiae erui posse videantur. ["So that one might
almost gain the impression that it can yield as many different meanings, as there are men."] To this variety of "private" opinions St. Vincent opposes the "common" mind of the Church, the mind of
the Church Catholic: ut propheticae et apostolicae interpretationis linea secundum ecclesiastici et catholici sensus normam dirigatur. ["That the trend of the interpretation of the
prophets and the apostolic writings be directed in accordance with the rule of the ecclesiastical and Catholic meaning."] Tradition was not, according to St. Vincent, an independent instance, nor
was it a complementary source of faith. "Ecclesiastical understanding" could not add anything to the Scripture. But it was the only means to ascertain and to disclose the true meaning of
Scripture. Tradition was, in fact, the authentic interpretation of Scripture. And in this sense it was co-extensive with Scripture. Tradition was actually "Scripture rightly understood." And
Scripture was for St. Vincent the only, primary and ultimate, canon of Christian truth (Commonitorium, cap. II, cf. cap. 28).
George Florovsky (1893-1979), "St. Vincent of Lerins and tradition"
Dernièrement, sous la houlette de l’évêque de Dijon quelques membres de la Commission mixte internationale pour
le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe se sont réunis dans la florissante abbaye de Cîteaux autour du problème de la primauté de l'évêque de Rome au premier
millénaire. Au sortir de la réunion, l’évêque latin des Burgondes exprimait son optimisme quant à la possibilité de trouver un accord prochain entre orthodoxes et catholiques. Cette
conclusion béate d’un prélat que nous connûmes plus éclairé appelle trois remarques :
- l’évêque burgonde, professeur d’histoire, doit bien savoir que la prétendue « infaillibilité » du pape de Rome ne trouve dans les écrits des Pères de l’Eglise aucun appui, mais au contraire des preuves de leur opposition constante aux prétentions hégémoniques des latins.
- le même évêque burgonde ne peut ignorer l’ecclésiologie orthodoxe pour laquelle une telle commission n’a aucune valeur.
- et finalement cet œcuménisme latin qui ressemble à une version contemporaine du
« Der Rattenfänger von Hameln », comme l’illustre la photographie ci-dessus
prise en janvier 2008 lors d’une célébration œcuménique à Monte-Carlo, n’est-il pas un leurre ? L’opinion des « catholiques » sur les
Eglises orthodoxes et préchalcédoniennes est, dans la réalité, bien différente. Ainsi, en décembre 2006 sur France-Culture, lors de
l’émission Travaux Publics, en direct du Caire, animée par Jean Lebrun et consacrée ce jour là au « dialogue interreligieux », l’évêque Fitzgerald, n’a pas hésité à la suite
d’un reportage présentant les Frères Musulmans à assimiler l’orthodoxie copte à un intégrisme (ndlr : il est vrai que les coptes ne célèbrent pas la liturgie sur des tables de camping)…
Comment ne pas s’esclaffer quand l’évêque latin Fitzgerald parle d’une prétendue islamisation de la religion copte… Pour ne citer que deux faits, ce ne sont pas des coptes qui placèrent un Coran
dans une chapelle comme on peut le constater dans un oratoire du Séminaire Universitaire de Paris (cf. page 18,
lien, format pdf), ni des coptes qui apportèrent une Chahada lors d’une procession des offrandes comme il fut fait à Evreux lors de la messe "la fête du Peuple de Dieu" (sic) en 2006...
Sur France-Culture :
- Mgr. Fitzgerald : « …mais ce que je voulais dire (sur) ce dernier
témoignage, je pense que cette redécouverte de la religion par une nouvelle génération, c’est parfois aussi un conflit générationnel, qui s’exprime par la religion, d’une certaine manière, il y a
parfois une génération qui est plus religieuse que leurs parents, et ça s’exprime ici comme cela, dans d’autres pays ça s’exprime autrement. On a aussi peut-être un peu la même chose dans
l’Eglise Copte, Orthodoxe, où beaucoup des personnes qui sont entrées dans les monastères ce sont des professionnels, ce sont pas des gens qui ont, ils ont fait de la théologie après, mais
c’était vraiment des professionnels, des scientistes un peu comme les Frères Musulmans d’ailleurs, souvent de cette tendance là, ce sont pas des scholars (sic) religieux les Frères Musulmans, ce
sont des gens de métier, de profession qui veulent prendre au sérieux leur religion. »
- Jean Lebrun : « C’est intéressant ce que vous dites des Coptes, alors minorité très très ancienne, l’Egypte avant d’être musulmane était chrétienne, qui représente 7, 8, 10 % de la population en Egypte. On met toujours en opposition l’Islam et les Coptes, mais vous, de l’extérieur si je puis dire, Monseigneur Fitzgerald, vous voyez beaucoup de points communs sans doute entre les coptes et les musulmans, dans leur attitude vis-à-vis du livre, dans leur difficulté à pratiquer l’exégèse, dans les comportements des jeunes générations, d’ici à ce que je vous fasse dire que les relations avec le Pape Copte sont aussi difficiles qu’avec l’Islam ».
- Mgr. Fitzgerald : « Si je pense que il y a, mais je n’aimerais pas m’aventurer trop dans ce domaine là, mais je crois qu’il y a quelque chose, il y a parfois on parle, d’une certaine islamisation de la religion chrétienne dans la façon de vivre des coptes, c’est peut-être, mais peut-être qu’il y a une imitation réciproque enfin il y a une certaine émulation, je pense que la communauté chrétienne, majoritaire, donc les Coptes orthodoxes, ont voulu soutenir les chrétiens, et puis c’est une religion qui se tourne plutôt à l’intérieur de la communauté que vers l’extérieur ».
Sainte Kyra (Obolenskaya) de Saint-Petersbourg a été martyrisée par le NKVD de la Russie soviétique (ndlr : communiste). Sainte Nouvelle Martyre Kyra de Petrograd, prie Dieu pour nous !