Dernièrement, sous la houlette de l’évêque de Dijon quelques membres de la Commission mixte internationale pour
le dialogue théologique entre l'Église catholique et l'Église orthodoxe se sont réunis dans la florissante abbaye de Cîteaux autour du problème de la primauté de l'évêque de Rome au premier
millénaire. Au sortir de la réunion, l’évêque latin des Burgondes exprimait son optimisme quant à la possibilité de trouver un accord prochain entre orthodoxes et catholiques. Cette
conclusion béate d’un prélat que nous connûmes plus éclairé appelle trois remarques :
- l’évêque burgonde, professeur d’histoire, doit bien savoir que la prétendue « infaillibilité » du pape de Rome ne trouve dans les écrits des Pères de l’Eglise aucun appui, mais au contraire des preuves de leur opposition constante aux prétentions hégémoniques des latins.
- le même évêque burgonde ne peut ignorer l’ecclésiologie orthodoxe pour laquelle une telle commission n’a aucune valeur.
- et finalement cet œcuménisme latin qui ressemble à une version contemporaine du
« Der Rattenfänger von Hameln », comme l’illustre la photographie ci-dessus
prise en janvier 2008 lors d’une célébration œcuménique à Monte-Carlo, n’est-il pas un leurre ? L’opinion des « catholiques » sur les
Eglises orthodoxes et préchalcédoniennes est, dans la réalité, bien différente. Ainsi, en décembre 2006 sur France-Culture, lors de
l’émission Travaux Publics, en direct du Caire, animée par Jean Lebrun et consacrée ce jour là au « dialogue interreligieux », l’évêque Fitzgerald, n’a pas hésité à la suite
d’un reportage présentant les Frères Musulmans à assimiler l’orthodoxie copte à un intégrisme (ndlr : il est vrai que les coptes ne célèbrent pas la liturgie sur des tables de camping)…
Comment ne pas s’esclaffer quand l’évêque latin Fitzgerald parle d’une prétendue islamisation de la religion copte… Pour ne citer que deux faits, ce ne sont pas des coptes qui placèrent un Coran
dans une chapelle comme on peut le constater dans un oratoire du Séminaire Universitaire de Paris (cf. page 18,
lien, format pdf), ni des coptes qui apportèrent une Chahada lors d’une procession des offrandes comme il fut fait à Evreux lors de la messe "la fête du Peuple de Dieu" (sic) en 2006...
Sur France-Culture :
- Mgr. Fitzgerald : « …mais ce que je voulais dire (sur) ce dernier
témoignage, je pense que cette redécouverte de la religion par une nouvelle génération, c’est parfois aussi un conflit générationnel, qui s’exprime par la religion, d’une certaine manière, il y a
parfois une génération qui est plus religieuse que leurs parents, et ça s’exprime ici comme cela, dans d’autres pays ça s’exprime autrement. On a aussi peut-être un peu la même chose dans
l’Eglise Copte, Orthodoxe, où beaucoup des personnes qui sont entrées dans les monastères ce sont des professionnels, ce sont pas des gens qui ont, ils ont fait de la théologie après, mais
c’était vraiment des professionnels, des scientistes un peu comme les Frères Musulmans d’ailleurs, souvent de cette tendance là, ce sont pas des scholars (sic) religieux les Frères Musulmans, ce
sont des gens de métier, de profession qui veulent prendre au sérieux leur religion. »
- Jean Lebrun : « C’est intéressant ce que vous dites des Coptes, alors minorité très très ancienne, l’Egypte avant d’être musulmane était chrétienne, qui représente 7, 8, 10 % de la population en Egypte. On met toujours en opposition l’Islam et les Coptes, mais vous, de l’extérieur si je puis dire, Monseigneur Fitzgerald, vous voyez beaucoup de points communs sans doute entre les coptes et les musulmans, dans leur attitude vis-à-vis du livre, dans leur difficulté à pratiquer l’exégèse, dans les comportements des jeunes générations, d’ici à ce que je vous fasse dire que les relations avec le Pape Copte sont aussi difficiles qu’avec l’Islam ».
- Mgr. Fitzgerald : « Si je pense que il y a, mais je n’aimerais pas m’aventurer trop dans ce domaine là, mais je crois qu’il y a quelque chose, il y a parfois on parle, d’une certaine islamisation de la religion chrétienne dans la façon de vivre des coptes, c’est peut-être, mais peut-être qu’il y a une imitation réciproque enfin il y a une certaine émulation, je pense que la communauté chrétienne, majoritaire, donc les Coptes orthodoxes, ont voulu soutenir les chrétiens, et puis c’est une religion qui se tourne plutôt à l’intérieur de la communauté que vers l’extérieur ».








